__»_ Le froid d'hiver s'échappe
_de ses lèvres au rythme
_de son pas battant le pavé. Ca
_n'est qu'un café , juste qu'un _café. Ce matin elle l'avait _croisé au détour de sa flânerie _parmi les nombreux papiers _encrés d'histoire que sont les _livres. A peine un mois sans lui. _Elle aurait presque pu arriver à _s'ôter de sous sa peau ses mains, _ses mots qu'il lui murmurait et _couraient en elle à chaque fois _qu'ils faisaient l'amour. Presque. _Si et seulement si elle ne _retrouvait pas son visage à _chaque coin de phrase évoquant _un visage masculin. Les traits de _l'Amour. Partout dans les lignes _il y avait un mot de lui, un _souvenir qui l'attendait en fin de _page.
L'histoire s'évaporait quand elle fermait d'un coup sec son livre, la sienne resurgissait effroyablement dans le silence d'un c½ur qui se fissure. Elle aurait put
.
. .
Les passants pressés, les rues oppressées, la vie circulante disparaissait sous ses yeux. Elle entendait à peine ses talons résonner sur l'asphalte. Ses yeux se remplissaient de l'odeur délicate de sa peau au réveil, de la couleur de ses journées passées, une étoile au coin de chacun de ses sourires ; du son que prenaient ces mots qu'il choisissait spécialement pour elle le soir ; des morceaux d'histoire passée à ras bord du regard, elle ne le vit pas arriver au devant d'elle. Elle se heurta à cette même poitrine qui remplissait encore ses prunelles claires. Il était là, posté devant elle avec ce sourire qui l'avait tant fait rêver. Comment tu vas ? Tu as l'air en forme. Merci, toi aussi. Comment va Claire ? Bien, merci. Et le bébé ? bien aussi. Tu as l'air heureux. Tu me manques tu sais. Silence.
Le brouhaha de la rue bourdonnait à peine dans ses oreilles. J'ai envie de toi criait-elle dans sa tête. Fais-moi l'amour là. Allons chez moi. C'est à deux pas. Fais le. Je veux te sentir en moi. Être à toi. Et rien qu'à moi, à moi et plus à elle. Je veux te voler. Prends moi, emporte moi. Là, juste là. Tout de suite, maintenant. Pas demain, ni après demain, ni dans un an. Maintenant. Sauve moi. Reprends moi et inonde moi de toi, tes lèvres, ta peau, tes mains, ton désir. Noie moi en toi. Bien sûr elle ne lui a pas dit tout ça. Quelle égoïste cela ferait d'elle. Sa vie n'est plus la sienne, il a trouvé ailleurs autre monde que le sien.
Tu..n'as pas répondu. Elle sait, elle n'a rien dit, mais là, au fond d'elle, ça se bouscule aux portes de son c½ur perdu dans des souvenirs qu'elle croyait dépassés. Elle ne fit que lever ses yeux et les poser au bord des siens. Ils n'avaient pas tant changés que ça on dirait. Toujours la même étincelle au fond qui danse, danse...a dansé pour elle. Est-ce encore la sienne qui danse encore aujourd'hui ?
Tu me manques...encore trop tu sais. Murmurés, glissés dans son oreille trouvée près de ses lèvres sans qu'elle s'en soit rendue compte. Ils sonnent justes. Les étoiles se rallument derrière ses paupières closes. Il est là. Tout près, il est là ,comme avant. Et ils tirent le passé jusqu'à ce moment, forcent le temps à se plier aux souvenirs de ce qu'ils étaient, à 1+1 = 2. Plus qu'une affaire de chiffres, nous est redevenu présent, il galope à toute allure sur la ligne du temps. Il n'y a plus de toi ni moi, il y a nous, rien que nous et nos corps fiévreux dans l'hiver glacial. Soudain, tu ne pouvais plus, trop de temps avait passé, ça ne galopait plus, il t'avait perdus, vous étiez séparés, tu ne sais pas comment c'est arrivé mais tu n'étais plus avec lui, vous n'étiez plus ensemble, le texte avait changé ou tu avais perdu la page.
Bruit de porte, tintement de clés jetées à la figure de la réalité. Intérieur presque noir de ton appartement, tout comme ton histoire.
Ca n'était qu'un café...non?. Sucré, doux comme le souvenir du meilleur qu'on ait un jour goûté. Et au bord duquel on ne retrempera plus jamais ses lèvres parce qu'il était unique, avec son caractère, son goût, sa force et sa chaleur rassurante.
Comment est - ce arrivé ?